La porte de l'adieu ou porte de sortie/266
La porte rouge va se refermer
Sur une carrière bien remplie
Et quelque fois si caillouteuse
Sur les sentiers des nuits rageuses.
Une âme s'en ira dans un matin venteux
Par un assombrissement chagrin truffé de solitude.
Va et passe ton chemin, la dame en rouge.
Demain, une porte se fermera sur elle.
Elle partira par l'issue de secours
Celle qui est noire et sans espoir
Celle qu'on appelle porte de sortie.
Celle que l’on prend discrètement dans l’ombre
Afin de s’en aller sans tambours ni trompettes.
Sans pot d’honneur, qualifié d’obsolescence.
Manu-militari, elle s’en alla.
C'est la fin des sourires
Un octobre au rire jaune
Balayant les saisons de sa vie
Comme des feuilles mortes
Emportées par un vent de bourrasque.
Son cœur n’est qu’une meurtrissure.
Inconsolable, elle est.
Il faut que peine se passe …
Sur le seuil de la porte, tombe une pluie d’amertume
En laissant quelques gouttes de bile
Le long de ses joues creusent.
Le vent souffle sur sa peine
Comme pour sécher ses plaintes.
Sur une autre destinée hors de son monde à elle.
Loin des clichés du temps.
Elle laisse derrière elle ; toute une vie d'amour.
Elle n'a plus envie de se battre
Perdue elle se sent
Fatiguée et usée
Dégoûtée de sa vie
Qu'elle a donnée pour qui !
Et voilà qu’aujourd’hui
À l’aube de sa vie
Elle se sent inutile.
Il n’y a plus rien à faire …
C'est la fin de l'été
L'hiver est de retour.
Mes amis sont partis
Vers un nouveau printemps
L'automne frappe à ma porte.
L’hiver sera rude.
Dépouillé de tous mes sentiments.
J’ai déjà froid ce soir.
La porte rouge se referme sur la nuit
Je serais la dernière à la fermer à clé
La porte que j’ai tant aimée
La porte que j’aime tant.
C'est le seul privilège
Que l'on m'accordera.
Merci ... et au revoir.
Dominique Brené © (auteure)
Crémines / 15 / septembre/ 015
Des portes, j’en pousserais encore
La prochaine sera celle qui s’ouvrira
Sur d’autres horizons
Mais rien n’égalera la mienne.
Et cela me fais peur …
DB. 266.