samedi 24 janvier 2015

J'ai Coloré Mon Poème

J'ai coloré mon poème. J'ai changé la couleur de mes mots Les verbes étaient trop noirs J'ai rénové mes maux. J'ai remplacé haïr par aimer. Et mourir par vivre. Souffrir par sourire. J'ai changé la teinte de mon poème Je l'ai peint en bleu ciel Pour lui donner un ton pastel. Je l'ai coloré de mots roses; Afin qu'il ne soit plus morose. J'ai déposé mes proses. J'ai changé les rimes finissant par amer J'y ai glissé un brin d'humour J'ai écrit à la fin amour. Pour que sa vie soit miel. J'ai oublié de penser à hier. Pour que le présent soit. J'ai mis de la couleur sur mon papier jauni, noircis par les années. Je l'ai colorié avec des crayons doucereux; Imprégnée de tendresse et de lumière. Je l'ai rajeunit, enlevé la poussière et les toiles d'araignées. Je lui ai donné une nouvelle âme. Pour qu'il vive deux fois. Ensuite, je l'ai entouré de cœurs rouge ; Afin de le sublimer. Là, j'ai trouvé qu'il était presque parfait. Pour terminer, je l'ai rangé dans mon vieux coffre en bois. Pour l'abriter du temps qui s'écoule. Et pour le préserver de l'usure naturelle. Voilà, ma poésie sertie de sentiments S'envolant sur un petit nuage cendré Un peu comme des notes de musique. Dominique Brené © Auteur Crémines janvier 23/2015.

lundi 19 janvier 2015

Il boit sa solitude

Il boit. /167 Ce soir Ce soir, il boit Ce soir, il boit jusqu'à la lie. Il boit à ma santé À la tienne mon ami, je lève mon verre de vin. À la santé de tes amours Je bois tout ton humour. Il boit le vin et les raisins avec et les années vendanges. Il boit et il résiste pour boire plus encore. Et il boit de travers, à tort et à revers. Il boit la nuit ce soir, blanche, blafarde et bien bavarde. Il a la langue acérée, pleine de méchanceté, il crache son venin. Il hait le monde entier, il ne sait plus ce qu’il dit. Mais il cause quand même et il exige qu'on l’écoute ! Il bafouille, il a la trouille, il fouille dans sa tête pour ressasser le passé. Il aimerait trépasser et tracer tout ce qui est en sa mémoire ce soir. Il tient bon, il persiste, il ne peut s'arrêter d'avaler mon rancœur. Il rit, il rit, l'alcool fait son effet. Il boit aussi à la santé des femmes et des hommes malheureux. Il boit. Il boit sans soif ! Pour oublier qu’il a bu Alors il boit encore. Il boit sans soif. Mais il boit quand même. Juste pour me faire rire. Il boit ... Maintenant, il pleure sur le comptoir toutes les larmes de son corps, les doigts dans les cheveux, pour mieux cacher sa peine dans ses mains qui ont tant caressées le pied du cristallin. C'est le vainqueur de cette nuit folie. Le vin est sur le zinc, le tabouret titube, il perd l'équilibre ! Et les chaises rigolent. C'est l'heure de l'apéro Alors il boit un coup ! Pour fêter sa vie nourrie de lassitude, son vin est bien amer. Quand les cloches sonneront l’angélisme, alors il s’en ira dormir avec l'amie Ivresse. L'ivrogne et sa bouteille qui est sa destruction, mais sa triste et bien seule compagne désaltérant sa pauvre solitude. Dominique Brené © Auteur Crémines 08/01/2015 http://dominiquebrene.over-blog.com

jeudi 15 janvier 2015

Les yeux de ma douleur

Les yeux de ma douleur/165 Elle a des yeux comme des lucarnes. Ma maison ténébreuse Elle semble si mystérieuse Dans le cadre de la nuit Un peu comme une peinture abstraite dans ce minuit si noir. Comme une chanson triste qui reste dans les tripes, toi mon petit garçon que chante Reggiani dans le soir de décembre pour faire passer les regrets sur un air bien connu qui reste dans les cœurs. Mon enfant, mon amour. Dans le creux du temps mort. Morne est cette saison. Il n'y a plus de feuilles sur l'arbre dénudé, nu de sensualité. Déshabillé de charme, triste et squelettique comme un pauvre animal cherchant un réconfort. Beau comme un chant d'amour au milieu de nulle part, ailleurs et n'importe où, dans les pires moments Je revois ton adieu qui m'a claqué la porte. J'ai ouvert volets et fenêtres et j'ai crié très fort, pour faire sortir de moi, ce démon qui me ronge qui s'appelle souffrance. Les vitres on en vibrées et l'écho de ma voix à fait trembler les murs par mon cri de détresse. Les yeux de la douleur n'est pas un beau miroir, personnes n'aimeraient se mirer en dedans. On est défiguré par elle, quand le sourire s'en va, quand le sourire n'est plus. Lorsque plus rien ne nous fait rire, plus rien ne nous émeut, le visage s'enlaidit pour creuser un peu plus chaque seconde les rides des désarrois, le regard semble mort, dénoué de sentiment. Les traits se durcissent inexorablement, c’est peut-être cela la vieillesse, ou est-ce la solitude ! Dominique Brené © Auteur Crémines 18 12 / 2014

samedi 10 janvier 2015

Le Banc vert Poésie de Dominique Brené ©

Le banc vert. Là sur ce vieux banc de bois, je me reposerais à l'ombre de mes roses, mon chat sur mes genoux, en regardant s'envoler les dernières hirondelles. J'écouterais les yeux mi-clos la rivière me chanter et me murmurer une tendre mélodie d'amour dans le doux crépuscule. Là, assise sur mon banc, je penserais à toi, je méditerais un peu plus tard, quand le soleil s'endormira dans les bras de la nuit. L'après-midi s'achèvera ainsi comme ça, paisiblement, sans la moindre idée du bonheur. Je m'en irais dormir au coucher du soleil, juste après l'avoir admiré. Là, sur mon banc espoir, je t'attendrais sereine. Quand l'heure sera venue de partir en voyage, tu viendras me chercher pour me faire, faire un dernier tour de piste. Dominique Brené © Auteur Tous droits réservés. 

mercredi 7 janvier 2015

Je pense À toi

Je pense à toi. (163) Sur les vitres gelées J’y vois une pensée Je revois ton visage Les souvenirs reviennent Pêle-mêle dans ma tête. Je me souviens de toi. Moi qui t’es tant aimé Toi qui m’aimas un peu Murmure du moment. Tendre mélancolie. Il est bien loin ce temps Ou nos petits mots doux Laissés sur la commode Avaient un gout d’amour. Un parfum bien à nous. Lorsque tu t’en allais Dans le matin frileux Rejoindre ton monde à toi Celui que je ne connais pas Celui qui est à toi. Aujourd’hui, c’est l’hiver Tout est givré ici Et même un peu mon cœur A perdu sa chaleur Quand tu as disparu. Tes bras ne m’enlacent plus Janvier est revenu Taquiner ma mémoire En ce soir de pleine lune. Comme cette Dame brune. Sur le pare-brise le givre s’en est allé L’eau glisse doucement Emmenant ma tristesse Comme des larmes amères Coulant le long du verre. Et moi, je pense à toi Car au fond de mon cœur Il y a toujours ce chanteur Qui me rappelle nous Qui me rappelle toi. La Dame de Savoie S’en est allée sans bruit Une nuit de décembre Retrouver les étoiles Pour être plus près de toi. Dominique Brené © Auteur Le 07/01/2015

dimanche 4 janvier 2015

JOJO De JACQUES BREL

JOJO DE JACQUES BREL. Voici donc quelques rires Quelques vins quelques blondes J'ai plaisir à te dire Que la nuit sera longue A devenir demain Jojo Moi je t'entends rugir Quelques chansons marines Où des Bretons devinent Que Saint-Cast doit dormir Tout au fond du brouillard Six pieds sous terre Jojo tu chantes encore Six pieds sous terre tu n'es pas mort Jojo Ce soir comme chaque soir Nous refaisons nos guerres Tu reprends Saint-Nazaire Je refais l'Olympia Au fond du cimetière Jojo Nous parlons en silence D'une jeunesse vieille Nous savons tous les deux Que le monde sommeille Par manque d'imprudence Six pieds sous terre Jojo tu espères encore Six pieds sous terre tu n'es pas mort Jojo Tu me donnes en riant Des nouvelles d'en bas Je te dis mort aux cons Bien plus cons que toi Mais qui sont mieux portants Jojo Tu sais le nom des fleurs Tu vois que mes mains tremblent Et je te sais qui pleure Pour noyer de pudeur Mes pauvres lieux communs Six pieds sous terre Jojo tu frères encore Six pieds sous terre tu n'es pas mort Jojo Je te quitte au matin Pour de vagues besognes Parmi quelques ivrognes Des amputés du coeur Qui ont trop ouvert les mains Jojo Je ne rentre plus nulle part Je m'habille de nos rêves Orphelin jusqu'aux lèvres Mais heureux de savoir Que je te viens déjà Six pieds sous terre Jojo tu n'es pas mort Six pieds sous terre Jojo je t'aime encore. JACQUES BREL JOJO.