jeudi 10 septembre 2015

Louve errante

La louve erre

Elle ne craint pas  l'hiver ni l'automne

Ni le gel ni la nuit

C'est du  jour qu'elle a peur

La lumière lui fait mal.

Errant dans la ville morte

Elle montre  ses crocs

À ceux qui  tenteraient

De lui faire indigence.


Ses yeux ont perdus leurs brillants

Ses larmes coulent  à flots.

Ses pas l'emmènent sans qu'elle le veuille.

Quelque part  n’ importe où

Comme si  elle avait rendez-vous.

Elle marche dans la ville morne

Comme une somnambule

Elle déambule à chaque recoin des rues

Comme une pauvre affamée

Assoiffée de tendresse

Hurlant à la  douleur

Criant son désarroi

Cherchant l'espoir d'un soir.


Elle ne trouvera  que chagrin et déception

Sa route est solitaire

Errance de sa vie

Épineuse elle sera

Les roses se sont  fanées.

Sombre  est son cauchemar

Elle a peur de son ombre

Le poursuivant sans fin.

Même quand, elle est éveillée

Il la poursuit  dans son demi-sommeil.


Elle craint les  étés

Les brûlures  du soleil

Longues sont les journées

Des mots d'amours usés

Sur du papier mâché

Des mots qu'elle ne dit plus

Des mots qu'elle ne croit plus

Elle est un peu minée

La chanteuse à vieillie.



Alors elle pousse sa rengaine

Sans accords de guitare

Sur les pavés de la ville

Son chapeau dans la main

Sans penser à demain.

La ville s'est endormie.

Dans les bras de la nuit

Elle ne dormira pas

Sa copine l'insomnie

Veillera avec elle.

Ainsi que l’autre  infâme

Qui se nomme cauchemar.



Elle aime les printemps

Quand  le soleil est  trop bas

Quand les arbres portent leurs premiers bourgeons

Quand les hirondelles reviennent

Sous son toit refaire leurs petits nids douillets.

Elle aime s’en aller vers la plage désertique

Marcher sur les galets

Ou pied nus dans le sable

Et composer des vers.

En grattant sa guitare

D’un air mélancolique

En regardant les vagues se cogner aux rochers.

Dominique Brené © (auteure)

Crémines / 09/09/015/263/EB-

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