La louve erre
Elle ne craint pas l'hiver ni l'automne
Ni le gel ni la nuit
C'est du jour qu'elle a peur
La lumière lui fait mal.
Errant dans la ville morte
Elle montre ses crocs
À ceux qui tenteraient
De lui faire indigence.
Ses yeux ont perdus leurs brillants
Ses larmes coulent à flots.
Ses pas l'emmènent sans qu'elle le veuille.
Quelque part n’ importe où
Comme si elle avait rendez-vous.
Elle marche dans la ville morne
Comme une somnambule
Elle déambule à chaque recoin des rues
Comme une pauvre affamée
Assoiffée de tendresse
Hurlant à la douleur
Criant son désarroi
Cherchant l'espoir d'un soir.
Elle ne trouvera que chagrin et déception
Sa route est solitaire
Errance de sa vie
Épineuse elle sera
Les roses se sont fanées.
Sombre est son cauchemar
Elle a peur de son ombre
Le poursuivant sans fin.
Même quand, elle est éveillée
Il la poursuit dans son demi-sommeil.
Elle craint les étés
Les brûlures du soleil
Longues sont les journées
Des mots d'amours usés
Sur du papier mâché
Des mots qu'elle ne dit plus
Des mots qu'elle ne croit plus
Elle est un peu minée
La chanteuse à vieillie.
Alors elle pousse sa rengaine
Sans accords de guitare
Sur les pavés de la ville
Son chapeau dans la main
Sans penser à demain.
La ville s'est endormie.
Dans les bras de la nuit
Elle ne dormira pas
Sa copine l'insomnie
Veillera avec elle.
Ainsi que l’autre infâme
Qui se nomme cauchemar.
Elle aime les printemps
Quand le soleil est trop bas
Quand les arbres portent leurs premiers bourgeons
Quand les hirondelles reviennent
Sous son toit refaire leurs petits nids douillets.
Elle aime s’en aller vers la plage désertique
Marcher sur les galets
Ou pied nus dans le sable
Et composer des vers.
En grattant sa guitare
D’un air mélancolique
En regardant les vagues se cogner aux rochers.
Dominique Brené © (auteure)
Crémines / 09/09/015/263/EB-
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