vendredi 30 août 2013

Poèmes Écrit En Prison

Péché « aboriginel » Nous naissons tous innocents. Nous devenons tous coupables. Dans cette vie tu deviens coupable d’être toi. Être soi-même, c’est ça le Péché « aboriginel », Le pire de tous les péchés. C’est un péché que l’on ne te pardonnera jamais. Nous les Indiens sommes tous coupables, Coupables d’être nous-mêmes. On nous enseigne cette culpabilité dès la naissance. Nous l’apprenons consciencieusement. A chacun de mes frères et à chacune de mes sœurs Je dis, Sois fier de cette culpabilité. Tu n’es coupable que de ton innocence, D’être toi-même, D’être indien, D’être humain. Être coupable te rend sacré. LEONARD PELTIER Lame de mon esprit Je n’ai pas de présent Je n’ai qu’un passé Et, peut-être, un futur. On m’a pris mon présent. On me laisse dans un espace vide Dont je sculpte l’obscurité de la lame de mon esprit. Je doit me refaçonner Depuis le néant de l’espace barbelé. Je connaîtrai l’extase Mais aussi la douleur De la liberté. Redevenir ordinaire. Oui, ordinaire, Cette situation terrifiante, Où tout est possible, Où la réalité du présent doit être affrontée. LEONARD PELTIER Cri d’aigle Écoutez –moi ! Écoutez ! Je suis la voix indienne. Entendez mon cri porté par le vent, Entendez mon cri porté par le silence. Je suis la voix indienne. Écoutez-moi ! Je parle au mon de nos ancêtres. Leurs âmes tourmentées vous appellent depuis la tombe. Je parle pour les enfants à naître. Ils vous appellent depuis le silence inexprimé. Je suis la voix indienne. Écoutez-moi ! Je suis le porte-parole de millions de voix. Entendez-nous ! Notre cri d’aigle ne sera pas bâillonné ! Nous sommes votre conscience qui appelle. Nous sommes vous Pleurant silencieusement à l’intérieur. Que ma voix étouffée soit entendue. Que mon cœur parle et dise les mots en un murmure porté par le vent À des millions de gents, À tous ceux qui compatissent, À tous ceux qui ont des oreilles pour entendre et un cœur qui bat à l’unisson Avec le mien. Mettez votre oreille contre la terre, Et entendez le battement de mon cœur. Mettez votre oreille contre le vent Et entendez ma voix. Nous sommes la voix de la Terre, Du futur, Du Grand Mystère. Entendez-nous !

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